Dans le cadre du jubilé, le célèbre prédicateur canadien Pierre LACROIX sera à Libreville pour une campagne d'évangélisation du 22 Septembre au 6 Octobbre
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Dans le cadre du jubilé, le célèbre prédicateur canadien Pierre LACROIX sera à Libreville pour une campagne d'évangélisation du 22 Septembre au 6 Octobbre
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« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre...»
Est-ce à dire rien qu’au commencement puis plus rien après? La version TOB dit : «Lorsque Dieu commença...» pour signifier que ce n’est pas fini.
La source est au commencement du fleuve; par après la source s’arrête? Pas du tout! La source crée toujours le fleuve autant qu’au premier jour. «Lorsque Dieu commença...» et il n’a pas fini. Les Actes, 17, 25 nous le rappellent : «C’est lui qui donne à tous la vie et le souffle, et tout le reste.»
Le texte d’aujourd’hui est la suite du récit de la création d’hier. Nous sommes au 5e jour : il crée les oiseaux, les poissons, les monstres marins et il leur donne le pouvoir de se reproduire. Dieu s’arrête un instant et dit : «C’est bon, c’est bien fait, c’est parfait.»
Le 6e jour il crée les bestiaux, les petites bêtes, les bêtes sauvages et toutes les bestioles de la terre et il leur donne le pouvoir de se reproduire. « Dieu vit que cela était bon.»
Il termine ce 6e jour en créant le summum de la vie : l’être humain. «Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.»
Le 7e jour il se reposa. Il se reposa sur l’homme et la femme pour qu’ils continuent son oeuvre de création. «Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la.» et il leur remet toute la création.
Alors Dieu s’arrête, voit tout ce qu’il a fait et s’écrie : «C’est très bon.»
Dans ce récit de la création, la Bible répète sept fois «Dieu vit que cela était bon.»
Dieu est content. On peut discerner la joie de Dieu. Dieu est très content de sa création, mais il l’est encore plus de sa créature, l’homme et la femme, alors là il jubile : «C’est très bon.»
Qu’est-ce qui fait que l’homme et la femme sont à l’image de Dieu? Cette ressemblance consiste dans le fait que l’homme et la femme sont associés au pouvoir créateur de Dieu.
Nous sommes dans l’année du Père. Quand nous parlons d’un Dieu qui est Père ou d’un Dieu qui est Mère, on parle d’abord de Dieu créateur. C’est parce qu’ils sont créateurs que les pères et mères de la terre sont à l’image de Dieu. Qu’ils soient bons ou méchants, que l’on ne puisse pas les prendre comme modèles de bonté, de miséricorde, etc., que certains n’aient aucun des attributs de Dieu, ils sont quand même l’image de Dieu parce qu’ils sont créateurs et créatrices. À l’image de Dieu, nous sommes appelés à être créateurs : créateurs de beau, de bon, de bien, d’amour.
Suis-je moi-même créateur à l’image de Dieu? Ma créativité est-elle en sommeil ou en éveil? Si oui, quelle est l’image que je donne de Dieu ? En nous voyant agir, les autres devraient pouvoir toujours dire : C’est bon ce qu’il fait; c’est bon ce qu’elle fait; c’est formidable ce qu’ils font.
L’être humain est fait pour être créateur à son tour. Nous le voyons placé au-dessus de toute la création matérielle avec mandat de la soumettre et de la dominer. Tout a été créé pour l’homme et la femme. Tout a été fait bon et tout est encore bon parce que cette création a toujours sa source en Dieu. La création était tellement bonne que Dieu y a mis ce qu’il avait de plus cher : l’homme et la femme créés à son image.
Le monde merveilleux de l’univers est le château rêvé par Dieu pour y mettre l’être humain; parce que si c’est bon pour Dieu, c’est bon aussi pour l’image et la ressemblance de Dieu : l’homme et la femme. Ce cadre merveilleux est au service de l’être humain. Il peut s’en servir, le transformer pour qu’il rende gloire à Dieu dans toute sa plénitude. La création montre la gloire de Dieu, mais seul les êtres humains peuvent la chanter et la dire. Les arbres, les bêtes, les bestioles, etc., ne peuvent pas louer, chanter, dire la gloire de Dieu elle ne peuvent que la montrer.
Je suis créateur à l’image de Dieu
· quand je pétris la terre pour en faire jaillir un vase superbe;
· quand j’organise les formes et les couleurs sur une toile pour faire naître un chef-d’oeuvre;
· quand je fais parler les mots et qu’ils deviennent poèmes, chansons, articles de journaux, romans, homélies;
· quand j’écoute les notes et les silences et que surgit une symphonie;
· quand je mélange des ingrédients disparates et qu’en surgit un gâteau, une tarte, un plat mijoté;
Je suis inventeur à l’image de Dieu
· quand je construits des routes et des ponts qui mènent vers d’autres hommes;
· quand j’invente de nouvelles techniques pour améliorer le sort humain;
· quand je maîtrise l’infiniment petit pour combattre la maladie;
· quand je milite en faveur de la justice et de la fraternité;
· quand je risque ma peau pour sauver les plus faibles.
Vatican II nous a laissé un très beau texte sur le travail des hommes. En résumé, ce texte dit que
Toute l’activité humaine, individuelle et collective, correspond au dessein de Dieu. Le travail des hommes et des femmes pour gagner
leur vie et celle de leur famille, est un prolongement de l’oeuvre du Créateur.
Le monde a été fait pour les êtres humains, pour que nous y soyons chez-nous, pour que nous nous en servions avec attention et audace, avec justice et charité.
Nous sommes chez-nous dans la création; nous en sommes donc responsables; nous devons la protéger et la faire valoir. C’est notre demeure, il faut donc l’entretenir correctement. Gâcher, gaspiller, polluer la terre, c’est péché contre Dieu et contre ses frères humains. Il n’y a pas de planète de rechange.
Notre terre est terre de Dieu, c’est-à-dire :
terre d’avenir
terre de promesses
terre d’appels
C’est un appel à être créateur avec Dieu. C’est un appel à transformer la terre pour en dévoiler la beauté et pour en manifester la puissance.
La création est pour l’homme une espèce de réflecteur de la divinité.
Croyez-vous que Dieu nous a laissé tomber? Croyez-vous que Dieu qui est au commencement, à la source, se soit arrêté d’être source? NON! La source n’a pas créé le fleuve dans le passé, elle le crée à présent, continuellement. À tout instant, le fleuve dépend de la source. Ainsi, à tout instant l’univers sort de Dieu, comme le fleuve sort de la source. Et Dieu voit que cela est toujours bon.
À tout instant nous sommes aimés de Dieu parce que nous avons été créés par amour et que nous continuons d’avoir du prix aux yeux de Dieu. Dieu regarde aller la création et il dit encore :«Cela est bon.» Il regarde l’homme et la femme et son coeur amoureux continue de jubiler, il les voient toujours à son image et à sa ressemblance et il continue à dire : «C’est très bon.»
Écoutons ce beau poème.
J’ai pris dans ma main une feuille d’érable,
une simple feuille qui reposait sur le sol,
au pied de l’arbre,
écarlate et pourpre,
dorée et rouillée
comme les teintes du couchant.
Mes yeux ont vu ses couleurs
et mes doigts on palpé son tissu :
un monde de beautés,
un univers de splendeurs,
là dans mes mains,
là dans mes yeux!
Oh! Dieu que tu es beau!
-----------------------------
J’ai pris entre mes doigts une rose,
une toute petite rose,
qui poussait au bord du ruisseau,
doucement, humblement,
au grand vent
dans sa robe de beauté!
Mes doigts la retournaient en tout sens :
de partout elle était toujours aussi radieuse
Ses parfums n’avaient rien à envier à Chanel ou à Dior!
Une petite merveille
Là entre mes doigts
Là dans mes yeux!
Oh! Dieu que tu dois être magnifique!
-------------------------------
J’ai pris entre mes bras un petit d’homme,
un tout jeune bébé
qui me regardait,
qui me souriait,
faible et fragile,
plein de vie,
riche de promesses!
Une vie qui commence!
Le fruit de l’amour
là dans mers bras,
là dans mes yeux,
là dans mon coeur!
Oh! Dieu que tu dois être Amour et Vie.
Dieu vit que tout cela était bon.
Et ce l’est encore.
|
Dieu vit que cela était bon
|
L’Esprit Saint, le Souffle de Dieu
Chant : Veni creator spiritus
Introduction
Nous venons de chanter cet hymne merveilleux : Veni Creator Spiritus en latin. En latin, spiritus vient du verbe spirare, qui veut dire respirer. Ça c’est du concret : respirer. On pourrait appeler l’Esprit Saint : la Sainte respiration de Dieu, le respire de Dieu. L’air d’en haut, l’air pur et frais qui vient de Dieu. C’est ce symbole très concret que j’utiliserai avec vous pour ensemble découvrir toute la richesse de ce Souffle.
Pourquoi Souffle? Tout simplement parce que la traduction de spiritus par Esprit en français, ne rend pas compte de tout le contenu très concret de ce qu’est l’expression biblique : Esprit Saint. Qu’est-ce que c’est l’esprit, en français? C’est l’intelligence. sans doute que l’Esprit Saint est intelligent, mais ce n’est pas cela que la Bible d’abord veut dire. Dans un sens dérivé, on dira :faire de l’esprit, dans le sens de faire de l’humour.
En réalité quand on parle de l’Esprit de Dieu, c’est vraiment le Souffle, c’est le vent, c’est l’air qui bouge, d’abord et avant tout. On le voit bien dans le grec du Nouveau Testament où on essaie de traduire par Esprit le mot pneuma.
Dans le mot pneuma, il y a le mot pneu. Qu’est-ce que c’est un pneu? C’est une chambre à air. Ça a besoin d’être gonflé d’air. Vous voyez le type d’approche que je vous propose; c’est une approche au fond symbolique.
Dans la vie de l’Église, on a toujours eu tendance à attribuer, à référer à l’Esprit Saint toutes toutes les initiatives nouvelles, à qualifier ces initiatives nouvelles d’un nouveau souffle, désignant par là l’Esprit Saint.
1. Une expérience de base : l’air et la vie
Je commencerai donc par le thème : Creator Spiritus, l’Esprit créateur. L’Esprit dans la nature et dans l’être humain à l’état de création. On se réfère à une expérience de base : le lien qu’il y a entre l’air et la vie. En réalité, l’air on peut l’observer à l’échelle de la création. par exemple, à Météomédia, 24 heures sur 24, on donne l’indication sur la température qu’il fait et, très spécialement, sur le sens et la force des vents. Quand il fait beau, c’est qu’il y a un bon vent qui nous amène le beau temps. Quand il fait mauvais, ce sont les vents qui se déchaînent et qui charrie des nuages noirs. Donc, le souffle, il est dans la nature et en lien avec la vie. Parce que là où il y a vide complet d’air, la vie disparaît : les plantes, les animaux ainsi que les humains. Plus immédiatement, si on se réfère à l’être humain, on parle du vent qu’il y a dans notre système respiratoire. Il y a là du souffle qui circule à l’intérieur de notre être. Par analogie au souffle qui circule dans la grande nature et qui sème et entretient la vie, il y a de cela aussi à l’intérieur de nos poitrines. Sinon, dès le moment où l’air cesse de s’échanger entre l’intérieur et l’extérieur, c’est l’asphyxie et la mort, à très brève échéance. Ce sont les deux lieux d’observation de l’air en mouvement : météorologique et biologique. Ce n’est donc pas étonnant que l’on veuille mettre l’Esprit Saint en lien avec la nature puisqu’il est le vent qui sème cette vie et entretient cette vie à l’échelle de l’univers entier.
Ce ne sera pas étonnant non plus que l’on parle de l’Esprit Saint en lien avec la respiration de l’être humain. Et bien au-delà de la respiration simplement biologique, il y a cette respiration profonde au service de laquelle vous vous êtes engagés et travaillez. Ca ne suffit pas de respirer l’air plus ou moins pollué du monde ambiant,(cigarettes, poussières pollen, etc, ) ; quand on ne respire que ça, on ne respire qu’en surface. Vous êtes des agents de la respiration humaine la plus profonde, celle-là même que suscite le Souffle de Dieu, l’Esprit Saint.
Quand le souffle est bon, il a cinq propriétés; il en a une sixième quand il est mauvais.
· le souffle entretient la vie, nous en avons suffisamment parlé.
· le souffle de vent, l’air attise le feu. La preuve, si vous avez une bougie et que vous coupez l’air, le feu s’éteint après 4 ou 5 secondes. C’est pareil pour un être humain. C’est pareil pour le feu profond qui nous anime de l’intérieur, qui nous met en contact avec Dieu, ce feu intérieur qui est d’ailleurs une semence de la vie de Dieu. Vous vous travaillez sur les êtres pour attiser ce feu; non seulement apprendre aux gens à respirer, mais attiser le feu de l’âme.
· le souffle remplit tout l’espace. En ouvrant une pièce, l’air pénètre partout, fait le tour, s’installe partout. Si vous faites une expérience dans un laboratoire, avec une cloche sous vide. Il y a un vide d’air absolument complet sous la cloche. Si vous soulevez un tout petit coin, l’air va rentré et instantanément va occuper tout l’intérieur de la cloche qui auparavant était vide. C’est un peu l’image du Souffle de Dieu, l’Esprit Saint qui pénètre partout où les portes et les fenêtres sont ouvertes. Vous voyez comment toute la théologie biblique de l’Esprit Saint, je la base essentiellement sur l’observation de l’air dans la nature et dans la vie de l’être humain.
· l’air absorbe et transporte tout ce qui est léger, pollens, semences, poussières) et ce qui est subtil (lumière, sons, parfums). C’est l’air qui est le véhicule des ondes lumineuses, sa lumière passe là où il y a de l’air, c’est lui qui véhicule les sons. S’il y avait un vide d’air entre vous et moi ce matin, vous n’entendriez absolument rien. C’est la colonne d’air qui d’ailleurs est activée dans ma gorge et qui acquiert une certaine vibration sonore grâce aux cordes vocales, c’est cette colonne d’air qui parvient jusqu’à vos oreilles, qui va faire bouger vos tympans, vos enclumes et tout le reste, pour que le message du Seigneur que je puise dans la Parole aujourd’hui trouve le chemin jusqu’à vos coeurs, je l’espère. L’air transporte donc tout ce qui est subtil, y compris les parfums. Vous ne vous étonnerez donc pas que l’Esprit Saint dans la bible soit le véhicule de la lumière de Dieu, de la connaissance, qu’il soit l’illuminateur par excellence. Surtout, Celui qui fait raisonner dans nos coeurs les vibrations sonores de la Parole de Dieu. C’est l’Esprit Saint qui fait cela.
· l’air purifie. C’est la dernière propriété bonne. La preuve, si vous étiez tous des fumeurs invétérés, nous aurions une salle complètement enfumée. Il s’agirait de faire un bon courant d’air un peu partout pendant 10 ou 15 minutes, et l’air de la salle serait renouvelé. Centres de Renouveau. On ouvre les fenêtres, on fait rentrer de l’air, on fait rentrer du neuf. L’air est purificateur. Ne vous étonnez pas de ce que l’Esprit Saint de la Bible nous purifie en profondeur et que vous soyez, vous, des agents et des agentes de guérison, de purification, de nettoyage, de grand ménage intérieur.
Maintenant, je sors du registre de l’Esprit Saint. Il y a une autre propriété du vent : il peut briser. Le vent des tornades. Le vent peut ôter la vie, il peut charrier des microbes, des poisons, il peut tuer. Dans la bible, ce vent devient le symbole des esprits mauvais. En terme biblique, ca ne veut rien dire les esprits impurs, les esprits mauvais. Ce sont des souffles mauvais, c’est de l’air impur, qui sème de l’impureté, qui transporte la malice, c’est de l’air pollué. Les démons en terme biblique, c’est de l’air pollué. C’est pourquoi, il faut ouvrir les portes pour qu’il rentre d’autres choses à l’intérieur de l’être humain quand il est trop envahi par les souffles mauvais. Au plan biologique on voit moins cela, car ce souffle biologique ne brise pas. Ma respiration mon souffle ne brise rien. C’est plus vrai dans la nature. Si j’ai une petite chandelle très fragile devant moi, mon souffle a le pouvoir de briser le feu, de l’éteindre. Personne ne peut pas comprendre ce que la personne du Souffle de Dieu; même des enfants de 5 ou 6 ans. Qu’est-ce que vous voulez que ca fasse à un petit gars ou une petite fille de 10 ou 11 ans quand, en parlant de la Confirmaton, on lui dit «L’Esprit te fait témoin, t’engage et te rend responsable.» C’était le langage abstrait utilisé dans le projet initial de l’initiation sacramentelle. Allez chercher du feu, du vent, des bateaux à voile comme on faisait autrefois; ça, ca rejoint leur expérience et leur capacité d’observation.
C’est cette théologie très simple que j’essaie de diffuser. Non seulement pour le Souffle Saint, mais pour tout ce qui est autre, pour que dans une civilisation comme la nôtre qui est en train de devenir une civilisation de l’image et du vidéo-clip, que l’on ait pas un langage d’un autre âge. Nos jeunes trouvent que dans nos églises, on parle du chinois, ils n’y comprennent absolument rien. Il me semble qu’on a toutes les ressources voulues pour trouver un langage adapté pour présenter Dieu et son mystère ultra attrayant à un monde qui est sensible aux symboles. Les symboles, c’est ce qu’il y a de plus profond dans les couches de l’inconscient.
La septième propriété, ce serait le point de vue purement spirituel. Au point de vue simplement de la physique, j’ai fait allusion tantôt à un pneu, d’auto ou de vélo, quand le pneu est dégonflé, l’air sort. Vous en recevez dans vos centres des pneus comme ça. Vous recevez des pneus humains qui sont dégonflés, qui ont perdu de l’air, en totalité ou en partie. Quand l’air est sorti du pneu, c’est dangereux pour la jante, pour la direction, c’est dangereux de prendre le décor. Au plan biologique, j’y ai fait allusion tout à l’heure, on a un pneu dans la poitrine, et c’est important qu’il se fasse régulièrement un échange d’air; sinon, on s’essouffle, comme beaucoup d’entre nous agents et agentes de pastorale dans l’Église. On s’essouffle, on court après son souffle. On peut même attrapé une espèce d’emphysème et se noyer complètement au plan spirituel. Vous voyez : la base de l’observation, c’est l’expérience purement biologique.
Au plan psychologique, des gens nous disent : « Ah! Je m’en sens dégonflé, je suis crevé, je suis désoufflé; ou j’ai le souffle coupé, je suis angoissé. L’air ne sort plus et n’entre plus. Ou encore, je n’ai plus le temps de respirer. Pourtant, il rentre autant de litre d’air par heure dans ma poitrine! Je n’ai plus le temps de respirer... Vous voyez comment cette expérience du lien entre l’air et la vie est fondamentale.
Au plan intellectuel aussi. Quand on a une bonne idée, on dit :« j’ai été inspiré». C’est du souffle cela.
Au plan social et politique. Je pense toujours au Psaume 34 qui décrit les pauvres, les humiliés comme des gens au souffle écrasé; cette image dans le psaume est extrêmement concrète. Le système leur met le pied sur la gorge pour les empêchés de respirer. C’est, à mon sens, la définition la plus concrète et la plus belle d’un pauvre.
Aux plans économiques et écologiques, on emploie aussi ce même vocabulaire. On dit : « Actuellement, l’économie est essoufflée.» « Depuis quelques semaines, elle est en train de reprendre son respire.»
Pour l’environnement, on dit que la planète, avec toute la pollution que l’on a répandue dans l’air «respire mal.» on parle des forêts comme du poumon de la planète. Vous voyez que c’est une expérience qui envahie absolument tous les champs de l’expérience humaine.
Alors, évidemment, au plan spirituel qui est le nôtre, quand on n’a pas d’inspiration, quand c’est toujours le même air qui reste en dedans, c’est pas long qu’on crève. Quand les gens on les fenêtres complètement calfeutrées et isolées, ils ne respirent plus. Une spiritualité qui est étanche, c’est une spiritualité qui est en train de mourir. Il faut une ouverture sur l’extérieur, il faut surtout une ouverture sur le supérieur, sur le monde de Dieu.
Diane Dufresne chante : «Donnez-moi, donnez-moi de l’oxygène.» Elle ne parlait pas de O2 en chimie. Le sens de sa chanson est beaucoup plus profond que cela.
Vous êtes des oxygénateurs de notre humanité, de notre Québec
2. L’air en Dieu - ou la Trinité qui a l’air de rien(Genèse 1, 1-2; Psaume 104, 3; Jean 4, 24; 2 Cor. 3, 17)
Vous n’avez peut-être jamais entendu dire cela : en Dieu, il y a de l’air. Cet air là s’appelle Esprit Saint. La Trinité qui a l’air de rien, c’est un jeu de mot. La Trinité ne puise pas son air en dehors d’elle-même; elle a son air à partir de rien d’autre qu’elle. Dieu puise tout en lui-même. Référons-nous à quatre texte bibliques. D’abord la Genèse : « En tête de tout, la terre était un chaos,( un désordre, un mélange, tout était mêlé, peut-être comme notre Québec à certains points de vue), il y avait la ténèbre au-dessus de la face de l’océan, mais le Souffle de vent de Dieu planait au-dessus de la face des eaux.» Ca, c’est le symbole de Dieu, Le Souffle de vent. Pourquoi l’auteur biblique s’exprime comme ça? D’abord, parce que le souffle de vent, l’air, c’est ce qu’il y a de plus libre; et Dieu est libre. L’air qui est le véhicule de la lumière, il n’est pas étonnant que Dieu va séparer le chaos pour faire sortir la lumière. Il y a aussi la Parole : «Dieu dit et ce fut fait. Et Dieu vit que cela était bon.» La Genèse présente le Dieu des origines non pas comme un Dieu passif, immobile, figé, un Dieu plate comme disent les jeunes, mais comme un Dieu souverainement actif, qui est en mouvement, qui plane au-dessus de ce qu’on appellerait maintenant en informatique, le virtuel. Dieu plane au-dessus, il est déjà en mouvement. C’est cet air là qui va communiquer la Parole de création. C’est un très beau texte pour la contemplation.
Un autre texte, c’est le début du psaume 104. «Yahvé mon Dieu, tu es tout à fait grand, de majesté et de splendeur tu t’es revêtu. prenant les nuages pour ton char et marchant sur les ailes d’un souffle de vent.» Quelle belle image de la liberté! Le vent, il a des ailes et Dieu marche dessus. Il prend les souffles de vent pour messagers. Il envoie des souffles de vent comme véhicule de sa Parole, de ses ordres et comme témoins de sa volonté.
Il y a aussi un texte absolument merveilleux dans l’Evangile de Jean. À un moment, la Samaritaine pose une question : «on est divisé, nous autres les Samaritains et vous autres les Juifs à cause des lieux de culte. Vous autres vous dites que c’est à Jérusalem qu’il faut adorer et nous autres on dit que c’est ici, sur le mont Garizim.» Alors Jésus reprend (je ne cite qu’un tout petit bout de phrase que l’on traduit dans nos bibles Dieu est esprit) : « Dieu, c’est un souffle de vent; le vrai Dieu, c’est un souffle de vent.» Contrairement au Dieu que nous essayons d’enfermer nous dans nos sanctuaires de bois, de pierre et de béton, le vrai Dieu lui ne se laisse pas enfermé dans des espaces clos, il ne se laisse pas enfermer entre des murs de pierre, que ce soit à Garizim, à Jérusalem ou à St-Pierre de Rome ou à la cathédrale de Montréal. Dieu ne se laisse pas enfermer entre les planchers et le plafond des temples construits de mains humaines. Selon Jean, Dieu, c’est un vent; un vent qui sème une vie extraordinaire, un vent qui donne la vie éternelle. Vous voyez le lien avec l’eau vive promise à la Samaritaine. C’est un vent qui attise la flamme intérieure et qui purifie. La Samaritaine avait besoin d’être purifiée.
Un autre texte en 2 Cor. 3, 17 où Paul parle du Christ. Après un long développement, il résume tout en une phrase : «Le Seigneur (i.e. le Christ), c’est le Souffle de vent.» Et il ajoute : «Là où est le Souffle du Seigneur, là est la vraie liberté.»
Libération intérieure : ça c’est l’oeuvre de l’Esprit, le Souffle qui sort de la bouche de Jésus. On y reviendra. Dans les centres de Renouveau, la présentation du Dieu Souffle est primordiale. Et moi, ça ne m’étonne pas que la dimension charismatique, que j’emploie au sens général plutôt que comme qualificatif d’un mouvement particulier, ç ne m’étonne pas que la dimension charismatique ait tendance à être plus forte chez-vous que dans les églises de pierre, de bois et de béton, y compris dans nos structures pastorales, il n’est pas étonnant que ce concept de Dieu Souffle prenne encore plus de place, parce que vous travaillez dans des lieux de libération, des lieux de déblocage, des lieux d’attention aux petits signes tout à fait inédits du Seigneur, dans la vie des personnes. Si c’est vrai que Dieu a l’air de rien, i.e. à partir de rien, je conclurais en disant que nous, on doit avoir l’air de Lui, nous devons obtenir l’air de Lui.
3. L’air de Dieu dans la nature, ou une immense fuite d’air
J’ai donné comme sous-titre : une immense fuite d’air. Je ne sais pas si vous voyez la vision spirituelle et biologique, parce que tout ce que je vous dit, est tiré de la Bible, car je suis un bibliste, un exégète de métier. La .substance de ce que je vous donne est inspiré directement de la Parole de Dieu. Je donne plutôt une langue que des cordes vocales à cette Parole.
L’air qu’il y a dans la nature, c’est ce qui est sorti de Dieu. C’est pourquoi, je pars d’une immense fuite d’air. L’air qui était contenu dans le pneu trinitaire, si vous me permettez cette comparaison, sort de la Trinité, se répand pour semer la vie en dehors. Il n’y a pas de discontinuité entre l’air de Dieu et l’air dans la nature. L’espace créé est en communication directe avec l’espace infini à l»’intérieur de la Trinité. C’est pourquoi la nature est un lieu primordial d’expérience religieuse. Quand des gens sont décrochés de l’Église, quand ils sont décrochés du Christ et de la Parole de Dieu, commençons à les amener en pleine nature, là, ils vont entendre des échos, des vibrations du Souffle de Dieu. parce que dans la nature, il n’y a pas seulement le vent d’ouest, le nordais, le norois, etc., mais il y a aussi le vent de Dieu qui murmure. Pensez au paradis terrestre où Yahvé marche dans la brise du jardin, et c’est alors qu’Adam et Ève se rendent compte à nouveau que Dieu est présent.
Je me réfère maintenant à 5 textes que je ne fais que citer. (Job 34, 14)
«Si Yahvé reprend son souffle et son haleine, toute chair expire tout de suite et retourne à sa poussière.»
(Ps. 104, 29-30) «Yahvé, si tu caches ta face, les animaux sont bouleversés. Tu retires ton Souffle de vent, ils expirent et retournent à leur poussière.»Le verset qui suit donne l’inverse :«Tu envoies ton Souffle de vent(pas ton Esprit) tu envoies ton air , ils sont créés et ut renouvelle la face de la terre. Centre de Renouveau chrétien, tu renouvelles la face de la terre par ton souffle, par ton air.
(Judith, 16, 14) «Seigneur, tu es grand et glorieux, admirable de force, insurpassable; que toute la création te serve, car tu as dit et ils ont existé, tu as envoyé ton souffle qui a construit la maison.» La maison du cosmos, la maison de l’univers. C’est ton Souffle qui a tout construit. Il n’y a rien qui résiste à ta voie. C’est un magnifique poème.
(Sagesse 1, 7; 12, 1) «Toi qui aime la psyché (en Hébreux, c’est la gorge où passe le souffle) Ton Souffle incorruptible est en toute chose. Pas seulement les vivants, mais la tuile qu’il y a là, la table qui est minérale. Le Souffle de Dieu est en toute chose; ce Souffle de Dieu les pénètre, imbibe, envahit toute la Création. Dans la liturgie de la Pentecôte on dit : «Un Souffle de vent de Dieu a commencé de remplir l’univers.»
Le souffle de Dieu permet à toutes choses de se maintenir ensemble, de permuter, et le texte ajoute : «Il a connaissance de la voie humaine.» De même que c’est l’air qui transporte les sons et qui vous permet de m’entendre, ainsi, c’est le Souffle qui pénètre l’univers, qui va cherché le sens de toutes les pensées, de toutes les paroles qui sortent du coeur de l’être humain. C’est une théologie absolument merveilleuse.
Une petite application. Si c’est vrai que l’air de Dieu est dans la nature, c’est bien important pour les centres de Renouveau de recréer ce contact entre les gens et la nature. Quand on regarde où sont situés la plupart des Centres de Renouveau spirituel, on comprend assez bien. On comprend que les sites naturels de plusieurs Centres de Renouveau, permettent aux gens découragés et blasés de renouer contact avec les voies et les forces de la nature. On rencontre le Seigneur dans la beauté, même au coeur de la ville. Dans une civilisation comme la nôtre, souvent les arts plastiquent promeuvent la laideur. Alors, il est encore bien important de donner à nos gens le sens de l’esthétique, de la beauté, de la beauté la plus profonde, celle de Dieu. Rencontre de Dieu dans la beauté, rencontre de Dieu au spectacle de la vie : les petits oiseaux qui chantent, les pommiers qui sont gorgés de fruits, tout ça est symbole du mystère de Dieu. Le contact avec la nature est une thérapie, une thérapie d’appoint. On dit que les enfants qui ont des problèmes psychologiques ont besoin d’un chien ou d’un chat, surtout quand les parents ne sont pas là pour entendre les confidences des enfants ou qu’ils eux-mêmes la source des problèmes. Les petits oiseaux, les fleurs, les petits Suisses qui gambadent partout, ça nous fait sortir de nos pesanteurs de la vie et d’engagement. Le contact avec la nature est une thérapie d’appoint.
4. L’air de Dieu dans l’être humain, ou la technique de création par mode de bouche à bouche.
a) L’être humain à l’état naturel. Transmission d’air à l’intérieur du corps humain. (Gen. 2, 7) «Yahvé modela l’humain avec la poussière de l’humus (avec la poussière du sol) et il insuffla dans ses narines une haleine de vie.» C’est Dieu qui souffle. En traduisant littéralement l’Hébreux, «...l’humain devint alors une gorge vivante.» Pas une gorge de statue de marbre de basilique, un gorge vivante. C’est-à-dire, une gorge qui laisse passer le souffle. On vérifie cela parfois chez quelqu’un qui dort, en particulier chez un enfant, on voit qu’il respire parce que sa poitrine se gonfle et se dégonfle; le souffle passe à travers la gorge et la poitrine se gonfle et se dégonfle, on est tranquillisé. L’être humain transporte dans son corps un souffle de vie, l’air de Dieu. C’est vrai autant pour les croyants que pour les incroyants. Dans d’autres textes biblique, non seulement Dieu souffle dans l’être humain pour le mettre en vie, mais Dieu maintient en vie l’être humain, pendant tout le temps de son existence, en entretenant son souffle. ((Job 27) «Tout le temps que mon haleine est en moi et que le Souffle de Dieu est dans mon né.» C’est très concret, c’est le Souffle de Dieu qui est dans mon nez. On va ainsi beaucoup plus loin que la simple perspective des biologistes, des médecins ou des anatomistes. (Sagesse 15, 16) définit l’être humain comme un Souffle emprunté. Un Souffle qui ne nous appartient pas. Nous n’avons pas pouvoir sur la vie, c’est un souffle qui est emprunté. (Pensons à l’euthanasie, au meurtre).
b) L’être humain transformé et recréé à l’état glorieux. C’est l’expérience de la résurrection après la mort. (Romains, 8, 11) «Christ est ressuscité d’abord, mais pour nous entraîner nous aussi dans la résurrection. Si le Souffle qui releva Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a relevé Christ d’entre les morts rendra vivant même vos corps mortels par son Souffle qui habite en vous.»
Ce qui nous ressuscite, c’est le Souffle de Dieu. Bien oui, c’est lui qui nous créé, donc c’est Lui qui va nous recréé dans la vie éternelle. Dès maintenant, l’être humain est transformé et recréé par l’expérience spirituelle. À la Samaritaine, avant de dire : Dieu est Souffle, Jésus dit ceci : «Ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que les vrais adorateurs adoreront le Père, mais c’est dans le Souffle vrai qui vient de Dieu.» L’adoration véritable se fait dans le Souflle vrai de Dieu et c’est cela qui nous recrée intérieurement.
On a la même perspective dans le discours d’adieu de Jésus où on dit de l’Esprit de Dieu qu’il va nous annoncer les choses à venir. «C’est lui qui vous enseignera et vous remémorera tout ce que je vous ai dit. C’est le vent qui porte la Parole qui la fait résonner à nos oreilles et aux oreilles de notre coeur. C’est le vent qui porte au fond de nous-mêmes, l’écho du vrai Dieu. L’Esprit Saint est un peu comme un souffleur au théâtre; c’est Lui qui nous rappelle les paroles de Jésus. En terme plus moderne, c’est comme un magnétophone, on peut toujours actionner le bouton et réentendre les Paroles de Dieu qui sont stockés dans une mémoire d’ordinateur extraordinaire qui est la Bible.
APPLICATION
Dans les Centres de Renouveau vous pratiquer des thérapies; des thérapies savantes dites psychologiques, des thérapies beaucoup plus simples d’accompagnement spirituel, humain, affectif, ces thérapies là visent à aider les personnes à reprendre leur souffle psychologique. Vous faites aussi de l’accompagnement spiiiiirituel. Vous apprenez aux gens à respirer plus en profondeur. Vous jouez peut-être aussi un rôle d’accompagnement spirituel à la mort. Il n’y a rien de plus extraordinaire que les perspectives chrétiennes de la résurrection.
Fichier : girard1.doc
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